Doisneau retourne à l’Hôtel de Ville moult années après le fameux baiser.

Robert Doisneau hante pour plusieurs semaines l’Hôtel de Ville de Paris pour une exposition dédiée à « Paris en Liberté ». Amateur de photographie, je ne pouvais rater ceci pour rien au monde.

Foutriquet de mon état, j’adorerais dire de monsieur Doisneau que j’abhorre son travail, juste par anticonformisme, mais il n’en est rien, seuls quelques panégyriques réussissent à s’enfuir de ma bouche.
Tel un cuistre je pourrais m’esclaffer devant certaines images, car oui au premier abord certaines paraissent superfétatoires mais lorsqu’on se penche un peu plus longtemps et profondément dans les contrastes des grains photographiques, on reste sans voix, en pleine extase.
On ne s’ennuie pas, la pandiculation étant prohibée et fort mal vue en ces lieux officiels, il ne me restait pas d’autre choix que de demeurer en pleine déréliction surtout face aux « Coulisses de Mayol » pleines de créatures de rêves plus callipyges les unes que les autres.
Ou encore face au « Patineur solitaire » qui faisait penser à un cénobite prêt à lancer son oraison jaculatoire à son public. Un rien, il suffit d’un rien à Robert Doisneau pour transformer un personnage ordinaire en une entité prodigieuse qu’un anachorète serait prêt à porter sur un piédestal pour ses litanies quotidiennes.
Je revois aussi le gigantesque panneau de plusieurs mètres de long où Doisneau prît à plusieurs reprises des badauds cherchant à traverser une grande avenue tels de rapides et aguerris spermophiles que l’on peut apercevoir en automne dans les contrées françaises.
En bref, Robert Doisneau est un grand maître de la photographie que jamais personne, à mon goût, ne pourra détrôner. La visite se termine ainsi. Pour ma part, je revêts mon couvre-chef infundibuliforme et je repars pour l’institut passer de longs nycthémères où seuls les remugles de mon énurésie m’attendent.

GoOz, le dieu des bacchanales