Sa connerie condescendante entre en condensation avec notre condition de pauvre victime. Mais, ce n'est pas toujours flagrant. J'imagine parfois une femme confiante en concubinage avec un con concupiscent usant de métaphores incongrues telle celle qui conçoit son sexe comme un concombre sur lequel il demande qu'elle lui pose tel ou tel condiment. Grâce ! Mes condoléances si c'est votre cas. Puisse la bonne fortune vous conduire en de meilleures conditions de vie.

Vous pourriez croire que le con sait qu'il est con. Pensez-vous ! Jamais il n'ira à confesse, il n'a rien à confier, rien n'est même confidentiel, il est juste con. Il aurait pourtant eu confirmation d'être un pauvre con confiné dans sa connerie qu'on ne puisse sauver sans entrer en conflit direct.
Le mal est là, il se conforte dans son conformisme et le pire c'est que parfois il rencontre quelques confrères de connerie sans les confronter à cette confuse idée qu'il est peut-être lui aussi, aussi con que ses compères de connerie. C'est juste congénital, inconscient, pas une seconde il prendra conscience de sa condition et donc aucune reconversion n'est envisageable.
Il ne peut rien préconiser à personne, ni même reconnaître cette inconcevable, incommensurable connerie qui le constitue et qui fait fuir ses amis qui eux, pour le coup, ne sont pas cons. Seul, il déprime. Mécontent, méconnaissable, il est pris soudainement d'un malencontreux laconisme inconscient incontestable. Conséquence ? Il finira, comme tout con connu, un con inconnu. Un martyr, une icône pour les cons, un con hors-concours. Dans cette déconvenue, il est décontracté, content de lui et fier de ses compatriotes, il a le contrôle de la connerie.

Mais, j'ai la conviction que par cette controverse, chacun de nous contribue à l'évolution de la connerie nationale. J'en suis contraint d'être tout contrit par cette contradiction pourtant concevable.

Allez la vie continue et n'oubliez pas :
On est tous un con pour un autre con.